T'avais ce regard de père aimant scotché sur mes joues tachetées de gamine insouciante.
Sauter du train. Te chercher sur le quai. Te trouver. Sourire à m'en déchirer les lèvres. Lâcher ma valise. Me jeter dans tes bras. T'attraper la main. M'accrocher à tes jambes. Embrasser tes joues tout justes rasées. T'inventer des coiffures loufoques. T'observer peindre, tapie dans un coin. Faire des balades au bord du Doubs. Nourrir les canards. Faire peur aux pigeons. S'étendre dans l'herbe. Courir sur les pavés. Repérer les pieces au fond des fontaines. Pique-niquer sous les jets d'eau. Visiter encore et encore la Citadelle. Marcher à travers les montagnes. Faire des balades à cheval. Inventer des objets. Regarder des films de dragons et chevaliers, blottis sur le canapé beige. Rire de tes pitreries. Manger à la lueur des bougies. Boire de l'eau pétillante. Noyer l'appartement sous les perles multicolores. T'offrir mes dessins. Me faire une place entre tes bras. Apprendre ton visage. Ecouter ton c½ur battre. Dormir enfouie dans un de tes pulls. Me bercer de ton odeur. Immortaliser nos sourires. Refaire ma valise. Te bouffer du regard derrière la vitre du train. Cacher mes yeux innondés. Te voir ne devenir qu'un point flou à l'horizon. Constater, impuissante, la disparition des montagnes. Mais penser aux prochaines vacances et sourire malgrè les larmes.
J'aimerai redevenir enfant. Revivre ces moments. Je voudrai tellement que tu m'aimes comme avant.





